La croissance sans limite existe, mais pas dans le monde matériel

En mai 2020, je publiais sur ce blog un article intitulé « Cette volonté sans fin de croissance et de puissance » :

Dans cet article, je mettais en évidence que « les limites thermodynamique imposent un maximum à une croissance énergétique continue, sous peine de connaître des températures terrestres invivables. Et ce, malgré les progrès techniques qui pourraient être réalisés pour limiter la production d’énergie. » Les acquis de la physique montrent donc que la dégradation de l’énergie, appelée entropie, entraîne de manière irréversible la chute de notre système économique. Ces acquis confirment de manière scientifique l’affirmation fréquente qu’il n’est pas possible d’assurer une croissance économique infinie dans un monde aux ressources finies. La meilleure preuve que cette affirmation résonne chez certains est cette volonté d’explorer d’autres planètes afin de trouver des ressources rares qui seront fatalement épuisées sur notre terre. Mais cela ne changera rien au fait que cette déperdition d’énergie se traduit en chaleur non récupérable, rendant ainsi la terre invivable. Ainsi, la chute des glaces est une conséquence de l’entropie.

Inversement, le développement de la conscience me paraît ne pas connaître ces limites. Un exemple de cette extension est donné dans l’extrait du mois de mai :

Dans son livre « Libérer l’âme de l’entreprise », Richard Barrett définit la conscience comme « l’état de perception de soi (pensées, sentiments, idées) basé sur un ensemble de croyances et de valeurs à travers lesquels on interprète la réalité. Le passage à un niveau de conscience supérieur implique un changement de croyances, de valeurs et de comportements. Les valeurs au niveau supérieur de conscience contribuent à un plus fort sentiment de globalité et de connectivité et un sentiment moins important de séparation et de fragmentation. »

Pour avoir une idée plus précise pour la progression de la conscience humaine, qui en fait un Être spécifique dans le monde des vivants, tournons-nous à nouveau vers Richard Barrett qui distingue différents niveaux de conscience et que je reprécise ainsi.

La conscience de survie, liée au besoin humain de sécurité le plus important pour continuer à vivre.

La conscience relationnelle, liée au besoin de rencontre, d’affection avec l’autre et d’appartenance à un ou plusieurs groupes.

La conscience de l’estime de soi, liée à la perception de sa valeur propre et du sentiment d’être respectés par les autres.

La conscience de la transformation, liée à la réalisation de soi et à sa croissance personnelle.

La conscience de l’être, la perception de devenir ce que nous sommes vraiment : une personne dans sa globalité et liée à la conviction que notre vie a un sens en rapport avec ce que nous sommes et ce que nous apportons au bien commun.

La conscience de l’unité, liée au lien profond qui nous lie à la création, dans une étroite proximité – pour ne pas dire fusion –  avec le monde des vivants et avec l’univers.

Ces niveaux peuvent se décliner également dans la vie de la personne dans l’organisation :

La conscience de survie, liée au besoin humain de travailler pour assurer sa subsistance.

La conscience relationnelle, liée au besoin de créer des relations de travail épanouissantes au sein de l’organisation.

La conscience de l’estime de soi, liée à la perception d’être reconnu comme personne dans l’organisation et du sentiment d’être respecté par les autres.

La conscience de la transformation, liée à la réalisation et au développement de soi par le travail dans l’organisation.

La conscience de l’être, la perception que notre action dans l’organisation a un sens et que nous pouvons lui apporter quelque chose de spécifique.

La conscience de la société, liée au rapport que nous voyons entre notre contribution à l’organisation en rapport avec les besoins de la société locale et du monde.

L’extension de la conscience va donc de la conservation de soi à un dépassement de soi dans une relation élargie au monde, de l’adaptation au monde au dépassement de soi dans le monde, de la soumission aux règles du jeu social et sociétal à la lutte pour que de nouvelles règles collectives émergent. Les espaces de développement apparaissent donc sans aucune limite.

J’estime fondamental que le développement de la conscience de nos jeunes dans les écoles devienne une priorité absolue. Ainsi, l’association belge Emergences a créé Graines d’émergences pour favoriser le développement de la pleine conscience à l’école. Un livre support existe avec des fiches pratiques « La pleine conscience à l’école ». Prendre soin de soi et prendre soin du monde sont irrémédiablement reliés.

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