L’extrait du mois – septembre 2020

Cet extrait, «  Pour un salarié autonome », est tiré du livre de Julia de Funès, philosophe et auteur notamment de  « La comédie (in)humaine ».

« Nous plaidons pour l’autonomie dans les entreprises comme moyen, partiel mais efficace, de lutter contre le désengagement des salariés. Le management du XXIe siècle doit miser sur l’autonomie des individus pour augmenter leur performance. Ce projet simple est pourtant révolutionnaire tant il est éloigné des pratiques courantes. Mais soyons toutefois vigilants quant aux confusions sémantiques.

L’autonomie n’est pas la liberté. Dans une démocratie libérale, chacun doit être libre de mener sa vie comme il l’entend, dans le cadre des règles édictées par l’Etat de droit. Chacun se fixe des objectifs individuels, à charge pour la société de lui donner les moyens de les atteindre. Dans une économie fluide et en croissance, ce qui est aujourd’hui la règle dans les pays développés, chaque individu doit pouvoir travailler dans une organisation (entreprise, association, service public…) cohérente avec ses valeurs et ses buts. La liberté des choix de vie s’exprime de cette façon-là. Mais à l’intérieur de l’organisation, la liberté est nécessairement restreinte. C’est le projet collectif, celui qui a été déterminé par l’entrepreneur, qui guide les actions des uns et des autres. Chacun se voit affecter une mission qui doit mener à la réalisation de ce projet. C’est là que la notion d’autonomie intervient. « Etre autonome » signifie « se fixer à soi-même ses propres lois ». Il s’agit de l’organiser comme on l’entend. Pensez à cela : on appelle les voitures sans chauffeurs « voitures autonomes ». Elles ne sont pas libres au sens fort. Une voiture est programmée pour amener des passagers là où il lui est demandé d’aller. La direction est imposée. Mais elle n’est pas « conduite » par un humain. Elle fait en quelque sorte son travail toute seule. La notion à la mode d’entreprise libérée entretient une confusion. Une entreprise est une « boîte » qui avance. On est libre d’y entrer ou non. Mais on n’est pas libre d’en choisir la direction. A l’intérieur, c’est l’autonomie qui doit prévaloir, cette autonomie qui permet aux collaborateurs de résoudre leurs problèmes, avec l’aide des managers, en fonction des problématiques spécifiques et contraignantes. »

 

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