Le bien-être vu par le Bureau fédéral du Plan

Si le bien-être est un sentiment éminemment subjectif en rapport avec la réalisation de soi et la poursuite des valeurs qui animent la vie d’une personne, elle dépend aussi de facteurs extérieurs qui influencent la qualité de cette réalisation.

En décembre dernier, je publiais un article consacré à l’importance pour les autorités politiques de rendre des comptes régulièrement et non uniquement pendant la période pré-électorale. J’y proposais de publier régulièrement les indicateurs suivants :

  • Evolution des émissions polluantes (CO2, particules fines …).
  • Croissance des interventions publiques et d’assurances liées aux conséquences du réchauffement climatique.
  • Diminution de la biodiversité.
  • Evolution des maladies ou décès prématurés liés aux atteintes à l’environnement et à la pollution.
  • Evolution des maladies de santé mentale (trouble du sommeil, anxiété, burn-out, dépression, suicide).
  • Evolution des inégalités et de la pauvreté.

https://micheldamar.wordpress.com/2019/12/07/rendre-des-comptes-oui-mais-sur-tous-les-aspects-de-notre-societe/

Au début de ce mois, le Bureau fédéral du Plan a publié un rapport très complet expliquant l’évolution de 62 indicateurs complémentaires au PIB ; il se veut un rapport annuel, ce qui permet de suivre l’évolution de ceux-ci.

Cette publication rejoint ma préoccupation, même si on ne peut pas dire que les autorités politiques se sont emparées de ce rapport pour en faire un outil de leur propre gouvernance. Le risque existe donc que ce rapport reste trop confidentiel.

https://www.plan.be/publications/publication-1868-fr-indicateurs+complementaires+au+pib+2019

Une synthèse de ce rapport est directement accessible en cliquant sur le lien ci-dessous :

Cqué de presse Bureau fédéral du plan 20200205

Le rapport complet mérite d’être parcouru car il met en évidence certaines réalités qu’il est nécessaire de suivre attentivement car leur évolution est problématique. C’est sur celles-là que je vais mettre l’accent, passant sous silence les évolutions positives.

– L’indicateur Capital environnemental a quant à lui significativement diminué entre 1992 et 2017. Cette diminution est due à l’ensemble de ses composantes: l’air, l’eau, la terre et la biodiversité  p.26.

– le niveau de bien-être actuel est principalement dû à certains indicateurs socio-économiques qui se portent relativement mieux aujourd’hui qu’hier: indicateurs Taux de chômage, Privation matérielle sévère et Décrochage scolaire. Cette évolution favorable a permis de compenser la détérioration de l’état de santé moyen observée en Belgique. Cette détérioration se mesure aussi à travers la hausse des incapacités de travail  p.34 (notons que ce constat rejoint celui fait par le Centre Fédéral d’Expertise des soins de santé).

– La croissance des personnes bénéficiant d’un revenu d’intégration sociale  p.40.

– L’obésité des adultes en croissance p.48.

– La progression de la limitation des activités quotidiennes pour raison de santé p.61.

– La progression de la dépression au sein de la population p.68.

– L’évolution des incapacités de travail de longue durée p.102.

– La progression de la part modale des voitures et de la congestion p. 116, 120.

– La progression du risque de pauvreté p.131.

– La diminution de la population d’oiseaux des champs p.165.

– L’augmentation des surfaces bâties p.167.

On aura bien compris que ces indicateurs couvrent les champs de compétences de toutes les autorités. Il est donc important que les efforts soient poursuivis afin que l’ensemble des indicateurs soient décomposés sur une base régionale, ce qui n’est pas encore le cas actuellement.

Sur base de mon article, j’estime que deux nouveaux indicateurs devraient être établis :

  • Croissance des interventions publiques et d’assurances liées aux conséquences du réchauffement climatique.
  • Evolution des maladies ou décès prématurés liés aux atteintes à l’environnement et à la pollution.

L’extrait de février 2020 consacré au développement humain dans le monde

https://micheldamar.wordpress.com/2020/02/16/lextrait-du-mois-fevrier-2020/

a mis en évidence le fait que deux tendances influent partout sur les inégalités de développement humain – les changements climatiques et l’accélération du progrès technologique – . L’action politique doit prioritairement porter sur ces deux terrains pour réduire les inégalités. Aussi on devrait pouvoir apprécier à travers un tel rapport :

  • L’impact des changements climatiques sur les inégalités.
  • L’évolution de la fracture technologique au sein de la société.
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