L’extrait du mois – novembre 2018

La réalité du monde quantique et la conscience que nous en avons

L’extrait de ce mois introduit l’article de début décembre qui sera consacré à un essai de comparaison entre la mécanique quantique et le management.

Cet extrait est tiré du premier roman de Jérôme Ferrari « Aleph zéro ». Rappelons que Jérôme Ferrari, auteur qui enseigne la philosophie en Corse, a obtenu en 2012 le prix Goncourt pour son roman, Le Sermon sur la chute de Rome, roman pas du tout historique mais dont l’histoire se déroule sur l’île de beauté.

L’extrait illustre la vision de l’écrivain de l’univers de l’infiniment petit, encore difficile à comprendre pour nous.

« Aucun homme ne peut se représenter le monde que décrit la physique quantique : c’est pourquoi il est plus facile de ne pas se demander quel est ce monde. Mais il est plus intéressant de penser que ce monde existe et que c’est la pensée humaine qui a buté d’elle-même sur une forme du réel qui ne se laisse plus saisir par ses anciens et vénérables outils. Avant d’être mesuré, tout système quantique est formalisé par une fonction d’ondes. Concrètement, cela signifie qu’un système quantique non mesuré consiste en une superposition abominable de tous ses états possibles. Les objets qui nous entourent sont à telle place ou à telle autre, de telle forme ou de telle autre. Mais les particules élémentaires, elles, sont partout et nulle part. Au moment d’être mesurées, elles quittent leur superposition d’états potentiels pour s’actualiser en un état précis. On appelle ce phénomène de suppression des possibles « réduction du paquet d’ondes ». Bien sûr, tous les objets qui nous entourent sont eux-mêmes composés de particules élémentaires ; comment comprendre alors leur stabilité, comment expliquer que ma tasse de thé soit bel et bien posée sur la table et n’occupe pas tout l’espace du salon, tout l’espace de l’univers ? Wigner * résout magnifiquement ce problème ignoble et, sans hésiter à balayer tous les présupposés positivistes de la science, il fait appel à la conscience. C’est notre conscience, dit-il, qui réduit le paquet d’ondes et force le monde à adopter un seul état, c’est notre conscience qui empêche le monde de se présenter à nos yeux sous la forme d’un chaos monstrueux, insaisissable et indescriptible comme l’Enfer. Chaque chose porte effectivement en elle son contraire mais la conscience qui s’en saisit la contraint à ne présenter qu’un seul de ses visages possibles ».

* Eugène Wigner, prix Nobel de physique en XXX exposa la théorie grâce à laquelle il pensait résoudre le vertigineux paradoxe du chat de Schrödinger, une des monstruosités de la pensée issue de la mécanique quantique : dans cet univers, le chat peut être à la fois mort et vivant et ce n’est qu’au moment où l’observation faite déclenche le choix entre un des deux états.

Cet article a été publié dans développement personnel, systémique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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