L’extrait du mois – septembre 2018

La santé du corps et de l’esprit repose sur la cohérence.

Dans son livre «A la source de la force intérieure », Anselm Grün (p.77 sqq) résume ainsi les travaux du psychologue Christoph Jacobs dans sa thèse à l’université de Passau, thèse centrée sur l’affirmation qu’il est préférable de recourir aux ressources que les personnes possèdent en eux plutôt que de soigner les symptômes de leur épuisement. C’est ce qu’il appelle développer le sens de la cohérence. Il prolonge les travaux du thérapeute Aaron Antonovsky, qui s’est occupé des rescapés de l’holocauste, et qui avait constaté que le même vécu atroce avait des conséquences différentes sur chaque individu.

«  Le sens de la cohérence trouve son expression dans l’intelligibilité (interprétation du monde), la capacité à gérer (ressources et talents) et l’aptitude à donner une signification à la vie et aux événements (défi, engagement). Trois facteurs sont essentiels pour qu’apparaissent ce sens de la cohérence : capacité à faire face (possibilité d’avoir une vue d’ensemble sur les événements de la vie et de pouvoir les expliquer), équilibre entre surcharge de travail et oisiveté et participation à la prise de décision. A cela s’oppose le manque d’épaisseur et de consistance. Pour de nombreuses personnes la vie est marquée du sceau de la fragilité. Elles ne peuvent construire que sur du sable.  Elles éprouvent des difficultés à trouver un sens à leur existence. Pourtant dès qu’elles réussissent à entrevoir des chemins possibles, elles trouvent un moyen d’appréhender leur vie de manière positive. Le maintien de la bonne santé exige que nous trouvions un équilibre entre le surcroît de travail et l’absence de tâches à accomplir. Nul ne peut prendre sa vie en main s’il est débordé. Mais l’absence d’occupations ne permet pas non plus de travailler sur soi, car on perd alors toute envie d’avancer. Les personnes qui fuient toute surcharge de travail ressentent la vie elle-même comme une charge et croient pouvoir se protéger de tout stress.

En réalité, au lieu de maîtriser ce stress et de grandir en acceptant quelques obligations supplémentaires, c’est la vie elle-même qui devient trop lourde pour elle. Pourtant, à ces composantes personnelles et toutes intérieures, s’ajoute un facteur de la vie sociale : la participation au processus de décision. Nous avons besoin de sentir que nous avons notre mot à dire aussi bien au sujet de notre propre vie que dans le cas de décisions qui concernent le travail ou l’avenir de notre environnement. Si nous avons l’impression que seuls certains ont le pouvoir de décider, nous perdons le contact avec nos propres ressources.

Aaron Antonovsky distingue deux sortes de ressources : les ressources personnelles et les ressources sociales. Si nous nous abreuvons à ces deux sources, le stress ne sera plus un handicap, mais un défi à relever.

Voici quelles sont, selon lui, nos ressources personnelles : la santé mentale ; le sens de la cohérence ; la confiance, voire l’optimisme ; une conception positive de la vie, sachant faire fi des échecs rencontrés ; l’intuition forte de pouvoir avoir une influence sur les événements importants de notre vie. Citons aussi une confiance en soi suffisamment grande pour être convaincu de pouvoir gérer des situations problématiques et pour considérer les défis et les changements comme des occasions d’avancer et de grandir. Le sentiment de notre propre valeur doit reposer sur des bases solides et ne sera pas facilement menacé d’effondrement. La stabilité émotionnelle fait aussi partie de ces ressources, ainsi que la capacité à prendre du recul par rapport à soi-même et garder son calme même lorsque la vie nous bouscule et qu’elle exige que nous repartions de zéro. Chaque être humain possède ces potentialités et il peut les développer.

Passons maintenant aux ressources sociales. Le sentiment d’avoir une vraie place dans la communauté influe énormément sur la santé et l’espérance de vie d’un être humain. Les éléments suivants font partie des ressources sociales : des conditions de vie positives, des liens étroits tissés dans la famille ou la communauté (respect, chaleur, égards, soutien mutuel) ; des conditions de travail favorables (une bonne ambiance, l’opportunité offerte de participer aux prises de décisions, l’occasion de développer ses potentialités) ; des relations saines avec ses voisins ; une vie matérielle bien assurée ; des institutions protectrices et une certaine sécurité sociale (dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la culture) ; un cadre politique stable.

Parfois, il faut créer ces ressources ou au moins contribuer à ce qu’elles soient renforcées. Cela est particulièrement valable sur notre lieu de travail. Il revient au cadre dirigeant de créer une ambiance de travail, de faire en sorte que chacun puisse avoir droit à la parole et que tous les intervenants sur un projet en aient une vue d’ensemble ».

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