Le scandale alimentaire VEVIBA : les huit questions que je me pose

Ce scandale illustre à nouveau le combat incessant pour le respect du client et la qualité des biens et services livrés, qualité à laquelle il a droit. Trop souvent encore, cette poursuite de la qualité se heurte aux exigences du capitalisme financier et de la profitabilité facile.

Pour l’observateur que je suis, et dans l’état actuel de mes lectures, je me pose huit questions auxquelles, j’espère, les enquêtes et les débats en cours apporteront une réponse dans les prochaines semaines et les prochains mois.

  1. L’abattoir de Bastogne dispose-t-il d’un système de qualité ISO 9001 ? Si non, n’est-ce pas une grave lacune pour une entreprise de cette dimension et avec un tel enjeu de santé publique? Si oui, pourquoi l’application de ce système a-t-il dysfonctionné ?
  2. Le management de VEVIBA est-il au courant depuis le début des dérives ou les a-t-il favorisées ?
  3. Des travailleurs ont-ils été mis sous pression pour mettre en place des pratiques inacceptables au plan de la qualité ? Plus fondamentalement, quelle est la politique de ressources humaines mise en place par la société qui aurait pu influencer ces pratiques?
  4. En quoi l’enquête judiciaire aurait-elle pu être un obstacle à la prise de mesures plus rapide par l’AFSCA ?
  5. Pourquoi l’audit interne de l’AFSCA, présenté sur le site de l’agence comme le pivot du système de qualité et de contrôle interne, a-t-il été sur ce point inopérant ?
  6. Le comité d’audit, avec en son sein notamment un représentant du ministre de tutelle et un consultant spécialisé en audit, a-t-il suffisamment orienté les activités de l’audit interne pour créer une amélioration significative de la politique de contrôle des entreprises du secteur de cette taille ?
  7. Les accords conclus entre le ministre de tutelle et l’AFSCA, et les rapportages qui en résultent, donnent-ils une vue suffisante au ministre du fonctionnement de l’agence et des points critiques de gestion?  Si oui, pourquoi aucun signal d’alarme n’a-t-il fonctionné ?
  8. Pourquoi aujourd’hui personne ne se sent-il suffisamment responsable pour présenter sa démission ?
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5 commentaires pour Le scandale alimentaire VEVIBA : les huit questions que je me pose

  1. Richard Mairesse dit :

    Excellentes questions de fond brossant l’éventail des responsabilités. Plus crûment encore, se pose la question d’une inculpation pour empoisonnement de masse.

    • Michel Damar dit :

      Bonjour Richard. Il faut être prudent sur le terrain judiciaire car les conséquences en matière de santé ne sont pas établies à ce jour. Attendons la suite de l’instruction.

  2. Colin Loyens dit :

    Je me demande pourquoi personne ne parle de mettre en place un système de type blockchain pour la traçabilité.

    • Michel Damar dit :

      Merci Colin.Peux-tu donner quelques explications pour les lecteurs non familiarisés avec ce système, montrant en quoi il serait ici pertinent? Michel

      • Colin Loyens dit :

        Je cherchais une vidéo explicative: https://www.youtube.com/watch?v=0omxYSgHW74

        La blockchain a été introduite pour la première fois avec le bitcoin. Ce n’est pas une technologie nouvelle. C’est juste une nouvelle manière d’appliquer des technologies connues. Je vous invite à visionner d’autres vidéos pour des explications exhaustives.

        Principes de base:

        – Tout ce qui est écrit sur la blockchain ne peut jamais être effacé ou modifié.
        – La blockchain est visible de tous à tout moment (c’est open source)

        Pour l’exemple de notre viande:

        Imaginons qu’on attache à un bébé veau un bracelet connecté à internet (internet des objets). L’AFSCA peut jouer ce rôle avec le fermier.

        Ce bracelet porte un numéro d’identification unique -> ce numéro est noté sur la blockchain
        Ce bracelet ne peut être coupé sinon il envoie un signal sur la blockchain (principe du bracelet des détenus).
        Ce bracelet possède un capteur de température -> la température est envoyée sur la blockchain (toutes les 10 minutes par exemple)
        Ce bracelet possède une puce GPS -> les coordonnées sont inscrites à tout moment sur la blockchain (traçabilité)
        ….

        Quand le boucher reçoit la pièce de viande, il peut en un clic vérifier l’historique des écritures sur la blockchain:
        L’âge à laquelle la vache a été envoyée à l’abattoir.
        Il peut vérifier si la vache s’est baladée dans les prairies ou si elle est restée statique.
        Il peut vérifier si entre l’abattoir et sa boucherie la chaine de température a été respectée…

        Le consommateur peut également vérifier l’historique de la viande qui arrive à sa boucherie. (données visibles et disponibles pour tous)

        On peut imaginer un capteur pour mesurer le battement de cœur des animaux pour le bienêtre animal…

        On peut en réalité tout imaginer.

        PS: Bien évidement, le bracelet peut être réutilisé.

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